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Syrie : l’ONU dénonce les efforts pour cacher les exactions dans les centres de détention

Le régime syrien et les factions en guerre dans ce pays font plus d’efforts pour dissimuler les «souffrances inimaginables» infligées dans les centres de détention que pour en trouver les coupables, accuse lundi 1er mars un rapport de l’ONU, couvrant une décennie de conflit.

«Après 10 ans de guerre, des dizaines de milliers de civils détenus arbitrairement en Syrie sont portées disparus, et des milliers d’autres ont été soumis à la torture, à des violences sexuelles ou sont morts en détention», rappelle le rapport de la Commission d’enquête de l’ONU sur la République arabe syrienne.

«L’attention semble se porter sur les moyens de dissimuler, plutôt que d’enquêter sur les crimes commis dans les centres de détention», a déclaré Karen Koning AbuZayd, une des trois commissaires en charge de ce rapport, citée dans un communiqué.

Sans qu’il ne contienne de révélations, ce document – demandé par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU – est émaillé de témoignages sur les atrocités commises : un enfant de 14 ans tout bleu à force d’être battu, saignant des oreilles, des yeux et du nez avant de s’évanouir sous un coup de crosse de fusil sur la tête, ou une jeune femme violée par des forces gouvernementales, pour laquelle «le plus dur c’est la douleur émotionnelle».

Le rapport se base sur 2500 interviews conduites sur une période de 10 ans et des enquêtes sur une centaine de centres de détention et implique «toutes les parties qui ont contrôlé du territoire en Syrie depuis 2011».

La commission d’enquête souligne notamment à quel point «les détentions arbitraires et les emprisonnements ont été à la fois une cause, un déclencheur et une pratique ininterrompue dans le conflit syrien».

Toutes ces violations des droits de l’homme «ont eu lieu en connaissance de cause et avec l’accord des gouvernements qui soutiennent les différentes parties au conflit», conclut le rapport qui les appelle à y mettre un terme. Le rapport doit être présenté au conseil des droits de l’homme le 11 mars, où il sera discuté par les membres.

Interrogé sur l’utilité de ce genre d’exercice, face à des protagonistes qui semblent peu se soucier de l’opinion publique, le commissaire Hanny Megally a expliqué que 60 juridictions avaient approché la commission pour demander de l’aide sur quelque 300 dossiers.

Pour le président de la commission, Paulo Sergio Pinheiro, les autorités syriennes lisent ces rapports attentivement ne serait-ce que pour les réfuter, mais surtout «la chose importante pour nous c’est que les victimes semblent apprécier ce que nous faisons et c’est très important».

Avec AFP

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