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Le président algérien dissout le Parlement et appelle à des élections anticipées

Abdelmadjid Tebboune a, par ailleurs, décrété jeudi soir une grâce présidentielle pour des dizaines de détenus du Hirak, le mouvement de contestation populaire né en février 2019.

Dans un discours à la nation très attendu, jeudi 18 février, le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a décidé de dissoudre l’Assemblée nationale et d’appeler à des élections législatives anticipées, affirmant souhaiter «ouvrir ses portes à la jeunesse».

Le chef de l’Etat algérien a par ailleurs annoncé un remaniement ministériel «dans les quarante-huit heures au maximum». «Ce remaniement concernera des secteurs qui enregistrent des déficits dans leur gestion ressentis par les citoyens et nous-mêmes», a-t-il dit.

De retour il y a une semaine d’Allemagne, où il était soigné pour des complications post-Covid, M. Tebboune avait tenu depuis des consultations avec six partis politiques, dont des formations de l’opposition.

A quelques jours du deuxième anniversaire du Hirak, mouvement de contestation populaire né en février 2019, le chef de l’Etat doit faire face à plusieurs dossiers prioritaires, dont ceux des institutions bloquées et d’une économie à bout de souffle.

«Le “Hirak béni” a sauvé l’Algérie»

Par ailleurs, le président a décrété une grâce présidentielle pour des dizaines de détenus du Hirak. «Le “Hirak béni” a sauvé l’Algérie. J’ai décidé d’accorder la grâce présidentielle à une trentaine de personnes pour lesquelles une décision de justice avait été rendue ainsi qu’à d’autres pour lesquelles aucun verdict n’a été prononcé. Entre 55 et 60 personnes rejoindront à partir de demain leurs familles.»

Quelque 70 personnes sont actuellement emprisonnées en Algérie en lien avec les protestations du Hirak ou les libertés individuelles, selon le Comité national pour la libération des détenus.

Des milliers de personnes avaient manifesté, mardi 16 février, à Kherrata, le berceau du Hirak, à l’occasion du deuxième anniversaire de ce soulèvement populaire contre le régime en place dans le pays.

C’est dans cette ville, à 300 kilomètres à l’est de la capitale Alger, qu’une première mobilisation spontanée avait réunie, le 16 février 2019, des milliers de personnes opposées à un cinquième mandat présidentiel d’Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis vingt ans.

Une semaine plus tard, le 22 février, la contestation avait gagné la capitale, puis le reste du pays, donnant naissance à un mouvement inédit, réclamant «le démantèlement du système» en place depuis 1962.

Avec AFP

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