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Grève de la faim : hospitalisation d’un membre de la famille d’accueil d’un jeune Malien

Un enseignant en grève de la faim depuis 17 jours, qui abrite à son domicile un jeune Malien menacé d’expulsion, a été hospitalisé lundi au Puy-en-Velay après un malaise, a indiqué à l’AFP son comité de soutien.

Eric Durupt était venu en matinée avec sa compagne Véronique de Marconnay, également enseignante, accompagner Madama Diawara à la préfecture de la Haute-Loire. Le couple héberge le jeune homme depuis deux ans. Lors de l’entrevue à la préfecture, Madama Diawara s’est vu notifier un refus de titre de séjour et de titre de travail et une prochaine obligation de quitter le territoire français.

Les pompiers appelés sur place ont reçu pour consigne d’un médecin du Centre hospitalier Émile-Roux du Puy-en-Velay de conduire Eric Durupt aux urgences, précise la même source. Sur décision du préfet de la Haute-Loire, Éric Etienne, un cordon de police avait été mis en place pour empêcher le couple d’accompagner à la préfecture le jeune majeur.

Dans un communiqué, le représentant de l’Etat justifiait cette interdiction par les «propos indignes et révoltants à l’endroit de l’Etat et de ses représentants» tenus par le couple.

Il cite notamment des propos d’Eric Durupt sur le site internet d’un quotidien régional indiquant que «le refus de délivrance d’une carte de séjour, sur présentation de fausses pièces d’état-civil, est du racisme de l’Etat».

Ainsi que des propos de sa compagne qui, sur une radio locale, «établissait clairement un parallèle entre le jeune Malien en situation irrégulière et le martyr des Juifs durant la Seconde guerre mondiale qui fuyaient la logique implacable de déportation et de mort du régime nazi», selon le préfet.

En conséquence, Eric Etienne réclamait «des excuses publiques et le retrait pur et simple de ces allégations infondées». Dans l’attente, il annonçait vouloir recevoir «le jeune Diawara» accompagné seulement d’un interprète.

Une nouvelle mobilisation du comité de soutien est prévue mercredi matin dans le centre-ville du Puy-en-Velay, avec le soutien de Sud Éducation et le Réseau éducation sans frontières (RESF). Une pétition lancée par le couple a recueilli plus de 32.000 signatures.

Avec AFP

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