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Elims CAN 2021-Bénin-Sierra Leone : après le report du match, Michel Dussuyer réagit enfin

Benin's coach Michel Dussuyer attends a press conference on the eve of the 2019 Africa Cup of Nations (CAN) quarter final football match between Benin and Senegal at the 30 June stadium in Cairo on July 9, 2019. (Photo by Khaled DESOUKI / AFP)

Prévue mardi à Freetown dans le cadre des éliminatoires de la CAN 2021, la rencontre entre la Sierra Leone et le Bénin n’a pu avoir lieu. La faute à des irrégularités dans la réalisation et la présentation des tests Covid-19 des visiteurs (les 5 positifs étaient simplement inscrits sur une feuille, sans aucun document médical attestant des résultats, NDLR).

Dans un entretien exclusif accordé à Football365 Afrique, le sélectionneur des Ecureuils, Michel Dussuyer, est revenu sur ces événements déplorables qui dégradent davantage l’image du foot africain.

Michel, vous et vos joueurs êtes tombés dans un traquenard, mardi en Sierra Leone. Reprenons les choses au moment de votre départ pour Freetown. Tout le monde était alors négatif ?

Oui. On a retesté toute la la délégation le samedi soir, après le match contre le Nigeria, afin d’avoir les résultats dimanche, jour du voyage. Nous n’avions aucun cas positif parmi les 80 personnes qui devaient prendre place dans ce vol affrété. Nous sommes arrivés sur le coup de 17 heures dimanche, à J-2 du match.

A votre arrivée, tout vous a-t-il semblé normal ?

Pas vraiment. Nous n’avons pas subi de test à l’arrivée, ce qui est assez étonnant dans ce contexte de pandémie. Nous sommes allés directement à l’hôtel. Notre installation s’est faite sans problème. Mais déjà, je trouvais bizarre que nous n’ayons pas eu de test à l’aéroport.

Quand donc les tests Covid ont-ils été effectués ?

Le lundi matin. Une équipe médicale est venue à l’hôtel à 11 heures. Ils nous ont demandé de fournir des paperasses, de remplir des formulaires, tout ça pour chaque joueur. Cela a pris du temps. On a dû commencer à faire les tests à 12h30 ou 13 heures ! On part ensuite s’entraîner et effectuer la reconnaissance du terrain. Tout se passe normalement.

Les choses se gâtent le jour du match…

Oui. Nous n’avons aucune nouvelle des autorités médicales. Je fais ma causerie, on s’en va au stade. Nous montons dans le bus à 13h50, pour démarrer à 14 heures. Le trajet vers le stade prend un peu de temps, d’autant que nous sommes arrêtés deux fois sur le chemin. Nous arrivons au stade à 14h25, en même temps que les Sierra-Léonais.

Dans les temps donc, puisque j’aime bien arriver une heure et demie avant le match. J’apprends alors qu’une fois le bus parti, le docteur s’est pointé à l’hôtel pour informer le président de la FBF, Mathurin de Chacus, et le ministre des Sports, Oswald Homéky, que nous avions cinq joueurs positifs.

«Le fait qu’il nous testent pas à l’arrivée était bizarre»

Que se passe-t-il alors ?

Le commissaire de la CAF fait descendre les Sierra-Léonais et nous demande d’attendre. Il nous dit que les cinq joueurs positifs devaient rester dans le bus pour être isolés des autres. Des ambulances les attendaient. Le ministre des Sports nous avait demandé de tous rester dans le bus, en attendant un éventuel dénouement.

Vous n’avez aucun doute sur la falsification des résultats…

Aucun. Sur les cinq joueurs concernés, deux ont développé des anticorps et ne pouvaient donc être de nouveau positifs. Jodel Dossou avait été testé positif avec Clermont début mars et avait rejoué depuis. Steve Mounié l’avait eu il y a plus longtemps mais a toujours des anticorps, son taux ne diminue pas.

Nous avons toujours surveillé nos joueurs. Nous ne voulions surtout pas partir avec un joueur positif. Nous étions soucieux de cela, à la fois pour respecter les protocoles et pour se prémunir de «surprises» dans le délai requis.

Vous soupçonnez clairement la Sierra Leone…

Le fait qu’il nous testent pas à l’arrivée était bizarre. Ils avaient je pense prévu leur coup en nous testant la veille pour pouvoir justifier de sortir les tests très peu de temps avant le match. La délégation comptait environ 80 personnes, car c’était un vol affrété. Et après les tests, personne n’est positif, sauf cinq titulaires.

Et quand vous regardez la liste, vous remarquez qu’il s’agit de l’épine dorsale de l’équipe, avec un gardien de but, deux défenseurs centraux et deux attaquants.
Vous avez attendu des heures, dans un bus sans toilettes.

Comment avez-vous vécu ces moments, qui devaient vous sembler interminables ?

C’était l’incertitude totale. Dans ces moments-là, il faut rester calmes et patients. C’est le message que j’ai délivré. Laissons les dirigeants discuter et attendons un hypothétique dénouement. nous avons reçu un message de la CAF annonçant que le coup d’envoi serait donné trois heures après l’horaire initialement prévu.

Mais le temps de retourner à l’hôtel et de refaire le trajet, c’était trop court. On sera resté plus de quatre heures dans le bus pour rien, à l’arrivée…

«La FIFA et la CAF doivent éclaircir la situation»

Le match a été reprogrammé au mois de juin, date à laquelle le Bénin jouera aussi des rencontres des éliminatoires de la Coupe du Monde 2022.

Vous sentez-vous lésés ?

Oui, par le calendrier. Pour l’instant le match est reporté au mois de juin. On aura trois matchs à disputer, avec des déplacements, tandis que la Sierra Leone n’aura qu’un match à gérer. On va aller à Madagascar, revenir jouer la RDC. C’est déjà très chargé.

Vous pensez que les choses peuvent encore évoluer ?

Oui. La FIFA et la CAF doivent éclaircir la situation. Les choses sont simples : ou bien les joueurs étaient vraiment positifs, ou bien, s’ils s’agissait de «faux positifs», c’est qu’il y a eu tricherie sur les tests, et les tricheurs doivent être sanctionnés. Cette affaire mérite une enquête. Y aura-t-il une investigation ? Les responsabilités seront-elles établies ? Quelles sanctions seront prises ?

Pour l’instant, rien n’a été annoncé officiellement…

La CAF ne peut pas dire : on ne veut pas savoir. C’est un événement, et ce n’est pas une bonne nouvelle pour l’image du football africain. La CAF envoie des commissaires, des chargés de la sécurité, des superviseurs.

Pourquoi ne pas envoyer un médecin avec l’équipement mobile nécessaire pour tester les deux effectifs ? Si besoin en prenant des responsables médicaux d’autres Fédérations. Mais on ne peut pas continuer comme cela. Sur le logo de la FIFA, il y a écrit « Fair-Play », je n’ai pas rêvé ? Est-ce juste un joli mot, ou de vrais principes ?

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