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Covid-19 : Emmanuel Macron va proposer aux pays du G7 de transférer 3 % à 5 % de leurs doses de vaccins à l’Afrique

French President Emmanuel Macron delivers a speech to present his strategy to fight separatism, on October 2, 2020 in Les Mureaux, outside Paris. (Photo by Ludovic MARIN / POOL / AFP)

Dans un entretien au quotidien britannique «Financial Times», le président français met en garde contre un risque d’«une guerre d’influence des vaccins».

Le président français, Emmanuel Macron, a proposé, jeudi 18 février, que les pays riches transfèrent de 3 % à 5 % des vaccins contre le Covid-19 qu’ils ont en stock au continent africain, qui en manque cruellement.

Dans un entretien au quotidien britannique Financial Times, le chef de l’Etat explique qu’il soumettra cette idée à la réunion des dirigeants du G7, vendredi. La chancelière allemande, Angela Merkel, est «d’accord» avec cette initiative, ajoute-t-il.

«Cela n’a aucun impact sur le rythme de la stratégie vaccinale [dans les pays concernés par ce transfert]. Ça ne la ralentit pas d’un jour, compte tenu aujourd’hui de l’utilisation de nos doses», fait valoir Emmanuel Macron.

D’autant, avance-t-il, que cette démarche est dans l’intérêt des Européens notamment, dont de nombreux ressortissants ont des proches ou de la famille par-delà la Méditerrannée.

Il en va aussi d’une question de solidarité. «Si on laisse s’installer l’idée que des centaines de millions de vaccins sont en train d’être faits dans les pays riches et qu’on ne commence pas dans les pays pauvres, c’est insoutenable», estime le président français.

«C’est plutôt une accélération des inégalités mondiales inédite» et «c’est politiquement insoutenable à terme parce que c’est ce qui permet d’installer une guerre d’influence des vaccins. Et vous voyez bien la stratégie chinoise, la stratégie russe aussi».

Il faut, selon lui, «mettre une très forte pression» sur les grands laboratoires pharmaceutiques pour accroître la production de vaccins. S’ils «ne jouent pas le jeu de la coopération, immanquablement montera la question politique, dans tous nos pays, de la propriété intellectuelle», ainsi que «le débat des surprofits faits sur la raréfaction du vaccin».

«Faire du vaccin un bien public mondial»

«L’objectif est d’embarquer un maximum de partenaires européens et non européens. Mais si tout le monde n’est pas à bord, la France s’engagera» et donnera ces 5 % de doses, a précisé l’Elysée. Il s’agira soit de dons, soit de ventes à bas prix.

«Nous espérons vivement que demain [au G7] les Etats-Unis montreront un engagement plus important, y compris financier» dans le dispositif Covax pour assurer une distribution équitable des vaccins.

Le président américain Joe Biden devrait, lui, promettre, lors de la réunion du G7, 4 milliards de dollars pour le dispositif Covax de vaccination anti-Covid, a indiqué jeudi la Maison Blanche.

Une première tranche de 2 milliards de dollars sera débloquée «très rapidement», a indiqué un haut responsable américain. Une deuxième tranche de 2 milliards sera progressivement débloquée sur deux ans, en 2021 et 2022.

Le mécanisme de dons de doses est, par ailleurs, ouvert aux Russes et aux Chinois. «Les Chinois rappellent souvent leur adhésion au multilatéralisme, ils ont l’occasion avec Covax d’en faire la preuve, plutôt qu’une approche bilatérale avec une logique de diplomatie vaccinale, voire de clientélisme», relève ainsi Paris.

Emmanuel Macron a participé, ces derniers jours, à plusieurs réunions sur ce dossier des vaccins, dont la dernière mercredi avec des dirigeants africains, pour plaider pour une accélération de la mise à disposition de vaccins dans les pays pauvres.

Il s’en est aussi entretenu jeudi avec le président indonésien, Joko Widodo, les deux hommes partageant «l’objectif de faire du vaccin un bien public mondial», selon l’Elysée.

Avec AFP

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