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Après l’attaque djihadiste au Mozambique, le site gazier de Total complètement à l’arrêt

Le 24 mars, un raid revendiqué par l’organisation Etat islamique a fait plusieurs dizaines de morts dans la ville de Palma, à quelques kilomètres des installations du groupe français.

Le groupe français Total a évacué tout le personnel de son site gazier dans le nord-est du Mozambique, neuf jours après l’attaque djihadiste dans la commune de Palma, et le projet de plusieurs milliards d’euros était, vendredi 2 avril, complètement à l’arrêt.

Le 24 mars, des groupes armés ont attaqué cette ville portuaire de 75 000 habitants, tuant des dizaines de civils, de policiers et de militaires. Soigneusement préparé, le raid lancé à seulement quelques kilomètres du mégaprojet gazier, sur la péninsule d’Afungi, a été revendiqué par le groupe Etat islamique (EI).

«Total a pris la décision d’évacuer l’ensemble du personnel. A cet instant, toutes les installations sont abandonnées», a affirmé vendredi à l’Agence France-Presse une source militaire. «Total est parti», a confirmé une source sécuritaire. Des rebelles ont été repérés ces derniers jours à proximité du site de Total, selon une source de sécurité.

Violences à l’origine d’une crise humanitaire

Les groupes armés, connus localement sous le nom de chabab («les jeunes» en arabe), ravagent la province pauvre mais riche en gaz naturel de Cabo Delgado, frontalière de la Tanzanie, depuis plus de trois ans. L’organisation non gouvernementale ACLED recensait déjà 2 600 morts avant l’attaque de Palma, dont la moitié de civils.

Les violences sont aussi à l’origine d’une crise humanitaire, qui risque encore de s’aggraver, avec plus de 670 000 personnes forcées de quitter leur foyer, selon l’Organisation des Nations unies.

Décrite comme un «Fort Apache», la future exploitation gazière, qui devait être opérationnelle d’ici à 2024, est désormais sous la protection de l’armée mozambicaine. Depuis plusieurs jours, les militaires tentent de reprendre Palma, tombée aux mains des rebelles dans la nuit du 26 au 27 mars.

Le jour même de l’attaque, le pétrolier français avait annoncé la reprise des travaux de construction sur le site. Selon les experts, vu l’ampleur de l’attaque et la préparation minutieuse nécessaire, il semble peu probable qu’elle soit liée à cette annonce.

Total n’a pas déploré de victimes et le site n’a pas été directement visé, mais les travaux étaient déjà suspendus depuis la fin de décembre à la suite d’une série d’attaques djihadistes à proximité. Une partie du personnel avait déjà été évacuée.

Avec AFP

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